Les sources de Nimes

Pollution des sources

 La pollution est une modification défavorable du milieu naturel qui apparaît en totalité ou en partie comme un sous-produit de l’action humaine, au travers des effets directs ou indirects altérant les critères de répartition des flux de l’énergie, des niveaux de radiation, de la constitution physicochimique du milieu naturel et de l’abondance des espèces vivantes. Ces modifications peuvent affecter l’homme directement au travers des ressources agricoles, en eau et en produits biologiques. Elles peuvent aussi l’affecter en altérant les objets physiques qu’il possède ou les possibilités récréatives du milieu.

    Les causes de pollution sont innombrables mais les principales sont :
  • La production et l’utilisation de l’énergie.
  • Les activités industrielles.
  • L’agriculture intensive moderne.
Le problème de la pollution des eaux est un des aspects les plus inquiétants de la crise globale de l’environnement. L’eau est capable de dissoudre souvent avec facilité la plupart des substances chimiques minérales ou organiques. Tout polluant va se retrouver entraîné fort loin en aval de la source de contamination. La pollution croissante des eaux rend de plus en plus aléatoire l’approvisionnement des réseaux d’adduction des agglomérations car le réseau hydrographique superficiel et les nappes phréatiques sont de plus en plus contaminés, non seulement par des pollutions chimiques, mais aussi bactériologiques… même en France. La garrigue Nîmoise est habitée par environ 20 000 Nîmois répartis sur 6 à 7 000 foyers ne disposant que de systèmes d’assainissement autonomes plus ou moins performants,, ce qui a pour résultat de polluer les sources. L’exemple des sources du vallon du Rossignol est parfaitement édifiant. La pollution des sources Sanglier et Font du Rossignol est exclusivement liée à l’urbanisation de la garrigue sans réseau d’assainissement. Par ailleurs les forages… nombreux en garrigue, permettent de pomper l’eau polluée des nappes pour l’arrosage de jardins, gazons, etc… ce qui se traduit par une toujours plus large diffusion des pollutions.
    Actuellement, une grande consultation nationale sur l’eau, va se développer durant six mois, organisée par les pouvoirs publics. Entre autres questions :
  • Que pensez-vous de l’eau que vous buvez ?
  • de l’eau dans laquelle vous vous baignez ?
  • de l’aménagement des rivières ? Etc…
    L’eau provenant de la nature, on pourrait poser les questions :
  • Pensez-vous à respecter en permanence la nature ?
  • Pensez-vous à respecter en permanence les sources qui sont les témoins intègres de la nature ?
Le milieu karstique présente une fragilité structurelle à la pollution. Il est menacé par les déchets issus de l’activité humaine. D’une part, l’absence sur les plateaux, d’exutoires superficiels entraîne l’utilisation systématique du sous-sol pour l’évacuation des produits divers et, notamment des eaux usées. D’autre part, l’absence de filtration du milieu et la rapidité de circulation des eaux entraînent une propagation en l’état et sur de grandes distances des produits rejetés. La pollution bactériologique est le fléau le plus répandu. Une pollution multiforme due à la variété et à la complexité des produits actuellement utilisés par l’homme est également possible. Il est donc indispensable que tout rejet dans la nappe soit préalablement épuré et subisse notamment un traitement tertiaire de finition.

Une gestion rationnelle des eaux karstiques est donc indispensable à la sauvegarde et à l’utilisation de ce milieu. Elle nécessite la coordination entre tous les services intéressés et la prise de conscience des usagers et des élus.

 

eau non potable

Que sait-on aujourd’hui de la qualité des eaux de la garrigue Nîmoise ?

L’urbanisation de la garrigue Nîmoise et les activités humaines associées ont inévitablement un impact sur l’écosystème des eaux souterraines karstiques. Les rejets d’effluents d’eaux usées chargés en micro-organismes (témoins de contamination fécale, légionnelles, parasites…), en matières organiques et minérales sont susceptibles de contaminer les eaux par percolation ou infiltration dans les fissures des blocs karstiques. De nombreuses sources artésiennes sont situées dans la garrigue Nîmoise au nord de la ville, la qualité physico-chimique et microbiologique de l’eau de celles-ci n’est pas surveillée aujourd’hui. Cette qualité résulte des procédures de gestion de l’urbanisation et des rejets afférents.
Cette évidence étant exprimée , il apparaît pour le moins opportun de faire un bilan à ce jour de la qualité des eaux émergentes de la garrigue. Ce bilan permettrait d’orienter les développements et surtout, par une réactualisation dans le temps, de suivre l’impact des activités anthropiques dans la garrigue. Ce serait probablement le point de départ d’une politique de développement maîtrisé et probablement durable.

L’absence de prise en compte de cet aspect des choses serait la preuve que le discours politique sur le développement durable n’est rien d’autre que du discours sans actes ni engagements.

Pollution de l'eau

- La quantité d’eau douce disponible ne varie pas sur notre planète mais les besoins augmentent en fonction de l’augmentation de la population. Dans les pays industrialisés, on gaspille l’eau et on pollue les nappes phréatiques et autres réserves souterraines.

    L’eau est consommée par :
  • L’agriculture : 65%.
  • L’industrie : 24%.
  • Les besoins domestiques et collectivités :11%.
    En LANGUEDOC ROUSSILLON l’usage de l’eau représente :
  • 7% pour la consommation.
  • 93% pour l’hygiène et l’entretien.
  • Par habitant : 211 litres par jour.

Il faut absolument économiser l’eau, éviter le gaspillage et surtout ne pas polluer les nappes phréatiques.
A Nîmes, la zone de Garrigue habitée mais dépourvue de réseaux d’assainissement représente environ 2000 hectares pour environ 22000 habitants. Ce sont tous les jours 4500m3 environ d’eaux usées qui sont absorbés par le sol soit directement, soit par l’intermédiaire des fosses septiques dont un certain nombre sont défaillantes.
Cette zone se développe au Nord de la zone urbaine suivant un arc de cercle, d’OUEST en EST, long de 7 kms. environ pour une largeur allant de 2 à 4 Kms….. Ce qui permet de juger de l’importance de la pollution et de sa diffusion géographique.

- La poursuite de l’urbanisation de la Garrigue augmente sensiblement la pollution des sous-sols, augmente le ruissellement de surface, augmente le parc automobile, augmente les risques d’inondation et aggrave les mauvaises conditions de circulation en zone de garrigue et en zone urbaine.

- La prolifération des forages en Garrigue est une aberration ; l’eau pompée est polluée mais sert à l’arrosage des jardins, au nettoyage des terrasses et au remplissage des piscines ce qui provoque la diffusion en surface de la pollution.

- La pollution des nappes phréatiques ne se limite pas à la zone de Garrigue dépourvue de réseaux d’assainissement mais par le jeu de l’inter-connection de ces nappes, la pollution s’étend sous tout le territoire de la commune et bien au-delà.

- L’abandon occasionnel ou permanent de certaines sources de la Garrigue par les pouvoirs publics et les propriétaires privés, ne permet pas la prise de conscience par la population, de l’importance de la pollution.

- Nature de la pollution : La présence dans l’eau des sources de  COLIFORMES THERMOTOLERANTS et de STREPTOCOQUES FECAUX permet d’affirmer que cette pollution est intégralement provoquée par’ l’urbanisation de la Garrigue sans réseaux d’assainissement.

- Les pouvoirs publics sont conscients de cette pollution mais au lieu de prolonger les réseaux d’assainissement en Garrigue, ils se contentent de contrôler les fosses septiques… Contrôles ne débouchant que sur des conseils pour la remise en conformité sans… Obligation !... Ce qui signifie que la pollution continuera à proliférer.

- 85% de la population raccordée au réseau d’assainissement ( zone urbaine) paie la facture d’eau 30 à 35 % plus cher ( eau + assainissement ) que les 15 % restant qui ne paie que le prix de l’eau parce qu’ils ne peuvent pas bénéficier du réseau d’assainissement. La participation financière des 85 % de la population est rendue partiellement caduque puisque les nappes phréatiques de la commune (et des communes voisines) sont polluées.

- Cette situation ubuesque provoque une iniquité flagrante au sein de la population Nîmoise que tous les partis politiques tiennent volontairement dans l’ignorance de cette injustice.

- Il ne s’agit pas d’opposer deux parties de la population entre elles, il s’agit de considérer la Garrigue Nîmoise comme un espace spécifique qu’il faut protéger, conserver et assainir au bénéfice de tous les habitants de la ville de Nîmes. Il s’agit de convaincre toute la population de respecter l’ EAU qui nous est indispensable. Il s’agit de responsabiliser les Nîmois envers les générations futures.

- La Garrigue Nîmoise est le poumon vert indispensable.

- La Garrigue et ses cadereaux inondent la ville …. Parfois.

- Le ruissellement superficiel de la Garrigue urbanisée s’ajoute au ruissellement urbain.

- En matière d’hydraulique pluvial, tous les citoyens contribuables Nîmois paient pour espérer être un jour à l’abri des inondations. Il faut qu’il en soit de même pour l’assainissement.

- Ce n’est pas seulement une question de principe, c’est une question de survie de l’humanité car on ne pourra pas continuer longtemps à polluer avec autant de désinvolture, l’ EAU qui est indispensable à la vie.

Remerciements | Bibliographie | Contactez-nous | ©Septembre 2005 Gareli Giovanni